EGE

DÉFI 1 : INVESTISSONS DÈS LE PLUS JEUNE ÂGE, AU LIEU DE RÉAGIR TARDIVEMENT QUAND TOUT EST PLUS DIFFICILE

Contexte

L’éducation commence dès la naissance, et même avant… Ce qui se joue pendant la grossesse, et durant les premières années de l’enfant, a un impact considérable sur son développement et son bien-être tout au long de la vie : santé, sommeil, nutrition, éveil, langage…


Le système éducatif français est parmi les plus déterministes des pays de l’OCDE. Hélas, au lieu de réduire les inégalités de départ, il contribue à les creuser. Le niveau acquis en 6e est ainsi le principal déterminant de la réussite scolaire à la fin du secondaire et à l’entrée dans le supérieur. Et avant cela, les élèves qui arrivent en CP sans difficulté ont aussi davantage de chances de réussite. Il est donc primordial d’investir tôt dans l’éducation ! Ce sont notamment les conclusions des travaux de James Heckmann, prix Nobel d’économie. Il faut aller au-delà de l’effort mis sur le primaire et mettre la priorité sur la petite enfance, notamment en maternelle.

Les travaux du prix Nobel d’économie James Heckman montrent que c’est pendant la petite enfance que le « retour sur investissement » dans l’éducation est le plus fort.

EN SAVOIR PLUS :

En repérant les difficultés dès le plus jeune âge et en se donnant les moyens d’y remédier, on permet une réduction des inégalités dans la durée, avec un effet positif sur l’ensemble du parcours scolaire.

La formation des professionnels de la petite en- fance n’est pas toujours à la hauteur des exi- gences et il y a souvent des ruptures fortes entre le monde de la petite enfance et le monde de l’école. Ces ruptures sont particulièrement néfastes pour les plus fragiles.

On ne mise pas assez sur les compétences parentales, alors que, si on les conforte, les parents peuvent être les premiers acteurs de la réussite de leurs enfants.

Des bases solides ont été posées (commission des « mille premiers jours de l’enfant » présidée par Boris Cyrulnik, rapport Giampino...), il faut aller plus loin.

La France comptait 4,5 millions d’enfants de 0 à 6 ans, soit 6,8 % de la population, en 2020.

Objectifs

IMPACT

Accès aux crèches pour les enfants (< 3 ans) défavorisés

% des élèves qui redoublent CP ou CE1

% des enfants comprenantt le français en CP

% DES ENFANTS AU NIVEAU EN MATHS AU DéBUT DE CP

SOURCES

Sources : - https://solidarites-sante.gouv.fr/affaires-sociales/lutte-contre-l-exclusion/lutte-pauvrete-gouv-fr/la-mise-en-oeuvre/assurer-l-egalite-des-chances-des- les-premiers-pas/article/reussir-la-mixite-sociale-dans-les-modes-d-accueil-du-jeune-enfant - https://www.cnesco.fr/fr/redoublement/etat-du-redoublement/#:~:text=7%20%25%20des%20%C3%A9l%C3%A8ves%20redoublent%20le,red.ouble- ment%20dans%20l'enseignement%20professionnel. - Evaluations nationales CP, DEPP, ministère de l’éducation nationale – 2020

2 Défis prioritaires

#1 FAIRE DES 0-5 ANS UNE PRIORITÉ

Contexte

La petite enfance est la période la plus impactante dans la construction de la personne et de l’estime de soi.

Les enfants qui arrivent en CP sans difficulté ont davantage de chances de réussite – il est donc primordial d’investir tôt dans l’éducation.

Pourtant, la petite enfance est toujours une compétence facultative pour les communes, comme si c’était accessoire…

OBJECTIFS

ACTIONS

  • Permettre un vrai choix du mode de garde
  • Accompagner les parents
  • Favoriser la mixité
  • Faire de l’accueil des enfant une obligation

Permettre un vrai choix du mode de garde pour les parents :
- Permettre aux parents d’avoir le choix d’être présents auprès de leurs enfants (indemnisation du congé parental, retour à l’emploi sans sanction).
- Augmenter le nombre de places disponibles et rendre accessibles tous les modes d’accueil (individuel, collectif et mixte...).
- Revaloriser les métiers des professionnels de la petite enfance et former davantage de personnels pour répondre au manque actuel.

Accompagner les parents :
En s’appuyant sur des structures de proximité (lieux parents-enfants, relais d’assistantes maternelles, crèches, centres de loisirs...) pour proposer des sessions de formations, des ateliers parents, une bibliothèque tournante.
En allant à la rencontre des jeunes parents hors lieux dédiés (pôles santé, bus santé...).

Favoriser la mixité au sein des structures de petite enfance pour réduire les inégalités en s’adaptant à chaque territoire.

Faire de l’accueil des jeunes enfants une compétence obligatoire pour les communes/communautés de communes.

#2 FAVORISER UNE CONTINUITÉ ÉDUCATIVE, DE LA NAISSANCE À 5 ANS, EN MISANT SUR LA FORMATION DES PROFESSIONNELS

Contexte

Pour permettre aux enfants d’aborder leur scolarité en toute confiance, les professionnels intervenant auprès des enfants de 0 à 5 ans (enseignants, assistantes maternelles…) ont besoin de compétences complémentaires :

Ils doivent être capables d’identifier et de comprendre les étapes de développement et les besoins du jeune enfant, quelles que soient ses spécificités (les conditions affectives et matérielles de sa croissance, le lien entre l’accueil préscolaire et l’école maternelle, les objectifs de l’école maternelle, le développement du langage et le rapport à l’écrit, la santé du bébé et du tout petit, son alimentation, son sommeil, le diagnostic du handicap, la relation avec les parents…).

Les incohérences dans la formation actuelle créent des ruptures entre la famille, les crèches, les assistantes maternelles et l’école.

Ces ruptures sont néfastes pour l’enfant, sa sécurité affective, son développement. Elles créent aus- si des difficultés pour les parents et les professionnels qui n’ont pas les mêmes références.
Exemple de l’insuffisance actuelle : les enseignants de premier degré reçoivent la même formation initiale qu’ils interviennent ensuite en CM2 ou en petite section

OBJECTIFS

ACTIONS

  • Développer un « tronc commun » dans la formation initiale et continue
  • Décloisonner et faciliter les échanges

Développer un « tronc commun » dans la formation initiale et continue de tous les professionnels de la petite enfance (assistantes maternelles, auxiliaires de puériculture, éducatrices de jeunes enfants, assistantes maternelles, enseignants de maternelle...).
 - Partir des besoins de l’enfant et intégrer tous les apports de la rEcherche (neurosciences...).
 - Proposer des modules sur la communication bienveillante, le développement de l’enfant, et la relation avec les parents.

Décloisonner et faciliter les échanges (partage d’expériences, bonnes pratiques...) au sein de toute la communauté éducative :
Développer des groupes de pairs pluri-professionnels, pluri-acteurs autour des parents.

DÉFI 2

SOUTENONS DAVANTAGE LES PARENTS, AU LIEU DE LES IGNORER OU LES CULPABILISER